Yaële Aferiat, Directrice de l’Association Française des Fundraisers

Posté par: Matthieu Joëssel 01/02/2016

Yaële Aferiat, La Directrice de l’Association Française des Fundraisers constate que dans l’univers de la collecte de dons, le papier continue de jouer un rôle central et demeure un média imbattable pour provoquer le passage à l’acte.

« Le papier reste le meilleur outil pour provoquer le passage à l’acte »

Quelle place occupe le papier dans  la collecte de dons ?
Le papier, à travers le marketing direct, tient traditionnellement une grande place dans l’univers de la collecte de fonds. Pour beaucoup de grosses structures, c’est encore l’outil qui permet de réaliser une part considérable de la collecte. Ce qui est intéressant à constater, c’est que le papier reste surtout le meilleur outil pour provoquer le passage à l’acte, pour susciter le don. Je ne sais pas expliquer pourquoi. C’est sans doute lié au fait qu’on reçoit, on lit, on pose, on revient dessus après. En revanche, on est quand même content de recevoir un email qui nous tient au courant de l’utilisation de notre don précédent.

Le web a t-il transformé la façon d’opérer du secteur ?
Il y a peu d’associations qui ont réussi à vraiment exploser sur internet. Elles entretiennent une relation à travers les sites, les emails et les réseaux sociaux, mais la collecte est loin de rencontrer le même succès qu’aux Etats-Unis par exemple. Est-ce lié à notre culture ?  
A la sensibilisation trop faible des fundraisers ? Difficile à dire.

Le papier fait-il aussi ses preuves  sur le plan de la conquête ?
D’autres secteurs utilisent de moins en moins le papier et ce phénomène joue en faveur de notre univers car cela revalorise nos mailings. Quand il y en a moins dans la boite à lettres, ceux qui s’y trouvent émergent mieux. En France, on a un gros enjeu, qui est d’élargir la population des donateurs. Le coeur des donateurs est attaché à cette relation-là. Le chainage et l’articulation sont identiques à celle du secteur marchand, il faut être présent. C’est un peu différent en fonction de la cause. Si on est une cause militante et qu’on est très présent sur internet, on peut imaginer une conversion plus active.

Qu’est-ce qui peut faire progresser l’efficacité du lien ?
Il faut tracer le comportement des individus. Il y a aujourd’hui l’idée d’être plus fin dans la segmentation en fonction des comportements. Il faut être plus attentif. Il y a beaucoup d’efforts à faire en ce domaine, je pense notamment aux bases de données qui communiquent encore mal entre elles. Le digital peut compléter le papier mais pas le remplacer. Aujourd’hui, on observe quand même l’essor du micro-don ou du crowdfunding qui ciblent davantage les jeunes mais les pratiques évoluent vite.

Le papier continue t-il d’évoluer ?
Beaucoup de choses sont faites pour revaloriser le média papier, notamment un gros travail sur les enveloppes. Il y a deux écoles, ceux qui prônent la simplicité absolue et ceux qui veulent attirer l’attention avec l’enveloppe. Cela implique de nouveaux formats ou modes d’ouverture, il y a globalement plus de créativité. Le secteur reste traditionnel et il ne faut pas paraitre trop dispendieux. Il y a d’ailleurs des trucs très simples qui marchent bien.


Source: Source: Print Power Magazine - automne 2014